i/O – critiques & entrevues

Photo : Jérémie Battaglia / Office national du film du Canada

CRITIQUE ⏐ i/O : LES CHEMINS LUMINEUX ★★★★ ⎟ LA PRESSE ⎟ LUC BOULANGER

Entre « science-friction, autofiction et théâtre documentaire », i/O propose une ode à la force et à la fragilité du genre humain. À travers une quête à la fois intime et universelle, la créatrice interroge la science, ce nouvel opium du peuple, sans jugement autre que le désir de mieux comprendre. Elle cherche aussi à établir un dialogue entre différents mouvements philosophiques : le posthumanisme, le transhumanisme et autres « techno-utopies ».

ENTRETIEN ⎟ LA PRESSE ⎟ MOURIR, OUI OU NON ? ⎟ ROSE-AIMÉE AUTOMNE T. MORIN

« Finalement, le spectacle, c’est un tricot entre le présent et des futurs hypothétiques, me dit-elle. En 1940, si on avait demandé aux gens s’il était possible d’aller sur la Lune, ils auraient répondu que non ! Qu’est-ce qui se peut réellement, dans un avenir proche ? Je ne le sais pas ! En ce moment, j’essaie juste d’habiter le trouble. Habiter ce monde qui n’a pas de sens. »

CRITIQUE ⎟ RADIO-CANADA ⎟ DESSINE-MOI UN DIMANCHE ⎟ EVELYNE CHARUEST

« Cette création incarne tout ce que le théâtre doit être, de l’émotion, de la réflexion, de la magie dans la mise en scène, des images fortes sur scène, un propos qui nous emmène complètement ailleurs, des phrases inoubliables, vraiment, c’est réussi sur toute la ligne. »

ENTREVUE ⎟ LE DEVOIR ⎟ LE LEGS SCÉNIQUE DE DOMINIQUE LECLERC ⎟ MARIE LABRECQUE

« Il y a beaucoup de confusion, surtout dans la langue française, entre transhumanisme et post-humanisme », note la créatrice, spécifiant qu’elle se voit « obligée de faire de grosses généralités » pour distinguer entre le premier, mouvement contrasté mais très technophile, qui veut créer un « surhumain », et le second, plus « culturophile, post-dualisme, post-anthropocentrique ». « On voit avec la pandémie, avec l’urgence climatique, que ça ne marche plus, de mettre l’humain au centre. Il faut se repositionner. » Et le post-humanisme, qui voit l’humain comme une notion plurielle, qui n’est pas que la technologie qu’il crée, mais aussi « l’environnement avec lequel on est constamment en relation », lui parle désormais bien davantage que le transhumanisme.»

Photo : Valérian Mazataud pour Le Devoir

CRITIQUE ⎟ REVUE JEU ⎟ i/O : REGARDER LA MORT EN FACE ⎟ MARIO CLOUTIER

« En quelque sorte, I/O réussit la quadrature du cercle : provoquer, informer, divertir et émouvoir. La pièce démontre que le sujet est totalement maîtrisé par Dominique Leclerc et son équipe, et confirme la nécessité de réfléchir, sans s’angoisser, à ce que la vie sera après la vie, après notre vie. Avec une question fondamentale en tête : que restera-t-il de nous ? »

CRITIQUE ⎟ REVUE LIBERTÉ ⎟REPOSITIONNER LA MORT DU CÔTÉ DE LA SOLIDARITÉ ⎟JULIE-MICHÈLE MORIN

En articulant sur scène une courtepointe d’interrogations, Dominique Leclerc (cofondatrice de la compagnie, autrice et interprète) et ses collaborateur·ices examinent une donnée que l’on a longtemps crue immuable. Iels demandent: est-ce que notre génération sera la dernière à connaître un processus de vieillissement ou une mort naturelle? Pour répondre à cette question, les artistes érigent une cartographie ambitieuse et délicate du sujet. En entrelaçant les registres de la fiction, du documentaire et de l’autofiction, le spectacle met en jeu une myriade de postures à partir desquelles penser le statut et la fonction du vieillissement, de la mort et du deuil dans nos vies.

ENTRETIEN ⎟ REVUE 3900 ⎟ QUI SONT LES MONSTRES? ⎟ XAVIER INSCHAUSPÉ

« Comment refuser ces avancées en nano et biotechnologie, et celles à venir? Qui sont les monstres donc? Le mouvement est bien en marche et s’accélère. Et l’argent afflue. Car toute la Silicon Valley s’y précipite. Les Larry Page (Alphabet), Larry Ellison (Oracle) et Peter Thiel (PayPal) ont tous massivement investi ou ont fait des dons majeurs à différents laboratoires ou centres de recherche ces dernières années. Jeff Bezos (Amazon) a largement financé l’ouverture d’Alto Labs dont la mission se résume à celle-ci : « Comment la biotechnologie peut-elle servir à nous rajeunir? Ils veulent tous la potion magique. La fontaine de jouvence. Et ça, ce n’est qu’en Occident.»

CRITIQUE ⎟ LA BIBLE URBAINE ⎟ LE FUTUR À L’ÉCHELLE HUMAINE ⎟ PIERRE-ALEXANDRE BUISSON

« Il faut un certain talent pour parler de science-fiction, de moins en moins fictive, à l’échelle humaine, tout en vulgarisant des concepts technologiques parfois assez abstraits, pour en faire au final une création axée sur l’intime. C’est en somme un spectacle qui se tient loin des clichés alarmistes sur le monde qui nous attend et qui a surtout pour effet de réchauffer notre cœur transi par l’automne.»

ENTRETIEN ⎟ RADIO-CANADA ⎟ RÉFLÉCHIR À VOIX HAUTE ⎟ JEAN-PHILIPPE PLEAU & BRIGITTE HAENTJENS⎟ SEGMENT 19:37

«Dominique Leclerc estime que nous voulons devenir à peu près nos propres créateurs. La dramaturge observe que les êtres humains veulent prendre totalement le contrôle de leur corps et ambitionnent de ralentir le processus de vieillissement grâce à la technologie.

Elle aborde le problème de l’accessibilité aux nouvelles technologies, qui, selon elle, créent des inégalités entre les humains. À ses yeux, ces inégalités pourraient accentuer les injustices dans le monde.»

CRITIQUE ⎟ THÉÂTRE QUÉBEC ⎟ CARREFOUR 2022 : I/O – RÉFLEXIONS TECHNOAVISÉES POUR SORTIR DE LA DYSTOPIE ⎟ EVE MEQUIGNON

«L’approche nuancée de l’équipe de création quant aux discours technophiles et technophobes témoigne de réflexions critiques approfondies. Post-Humains évite la perspective dystopique et alarmiste habituelle des récits de science-fiction pour proposer un discours avisé et optimiste, infiniment plus indiqué pour (re)penser le monde de demain.»

CRITIQUE ⎟ THE NATIONAL ⎟ CARREFOUR FESTIVAL ⎟ MARK BROWN

«Leclerc assembles a cabinet of personal, and very analogue, curiosities while she explores the “post-human” ideas of those who would entrust the future of humanity to artificial intelligence and exploratory medical technologies such as gene editing. It is, by turns, a powerful, sobering, and defiantly humanistic piece of theatre, and one that would be worthy of a place in the EIF programme.»

CRITIQUE ⏐ BOUCLE MAGAZINE ⎟ i/O : ENTRE DOCUMENTAIRE, RÉCIT ET AUTOBIOGRAPHIE, UN HYMNE À L’ÉPHÉMÉRITÉ DE L’HUMAIN ACTUEL⎟ CATHERINE FOURNIER

«C’est une pièce que j’ai absolument adoré et que j’irais même revoir!  Une oeuvre brillante et touchante. D’ailleurs on y retrouve des extraits d’un documentaire à paraître prochainement sur le transhumanisme.»

CRITIQUE⎟ I/O: L’HUMANITÉ ET SON AVENIR SOUS RAYONS X ⎟ LE SOLEIL ⎟ LÉA HARVEY

Via ces discours qui semblent tout à fait surréels, Dominique Leclerc propose ainsi à ses spectateurs une vraie réflexion sur notre rapport à la vieillesse et à la mort, sur la «perdition» de nos corps et leur «obsolescence» quasi programmée.

CRITIQUE ⏐ LES ARTS ZÉ ⎟ i/O : VOULEZ-VOUS VIVRE ÉTERNELLEMENT?⎟ MARC- YVAN COULOMBE

« i/O : un spectacle qui émeut, informe et divertit. À voir !»

CRITIQUE ⎟ QUARTIER GÉNÉRAL – TON ACTUALITÉ THÉÂTRE ET CINÉMA ⎟ JORDAN DUPUIS

«Que j’ai adoré ce spectacle qui quelques jours après l’avoir vu me hante encore. Positivement et émotionnellement, celui-ci soulevant des questions importantes sur notre rapport humain, biologique, médical et spirituel face aux technologies biomédicales de rajeunissement ou d’immortalité. Il y a quelques années, Dominique Leclerc avait présenté Post Humains à l’Espace libre, un spectacle fascinant à mi-chemin entre le travail documentaire et la réflexion personnelle sur le transhumanisme et les technologies existantes et grandissantes pour prolonger la durée de vie de l’humain, augmenter ses capacités intellectuelles et défier la nature. Elle était beaucoup dans la figure du cyborg. Elle s’était d’ailleurs à l’époque fait greffer une puce pour le besoin du spectacle et de sa recherche. Avec I/O, Dominique Leclerc prolonge sa réflexion mais l’ouvre encore plus. Partant du décès de son père pendant la covid pour installer cette réflexion hautement personnelle mais aussi universelle sur notre relation avec la mort, la vie, le corps, la maternité, les relations parents enfants, les creusés générationnels, l’industrie des défunts, le passé vs futur … elle passe le flambeau de sa réflexion au public. C’est magnifique. La mise en scène est grandement inspirée du théâtre de l’objet et y inclue caméras, captation en direct sur scène et extraits documentaires de ses rencontres terrain avec divers acteurs de ces nouvelles technologies et croyances (car parfois ça en est). Elle réussit avec brio à tisser le pont entre l’humain, le personnel et le public, le technologique et le philosophique. C’est brillant de A à Z, rempli de super flashs de mise en scène, incarné, sans jugement sur son sujet et teinté d’une douce mélancolie et nostalgie sur ce bon vieux temps, celui qui nous obligeait à devoir dire adieu aux gens qu’on aime. Une phrase marquante du spectacle d’ailleurs: « Serions-nous la dernière génération à devoir être obligé de laisser partir les gens ?» Puissant et touchant, I/O m’a confronté, m’a remué, m’a fait réfléchir sur mon rapport au corps, au vieillissement, aux souvenirs que je possède, à ma famille, au devoir de souvenir et au legs à la fois physique, émotionnel et spirituel que l’on porte comme humain. Ces aller-retours entre sa recherche terrain et la maladie et le deuil de son père son porteurs, lumineux, foisonnants et bien muris et réfléchis. Il y a tant de pistes pertinentes dans ce spectacle qu’au premier regard on se demande « où est-ce que ça va allez ?», mais naturellement on y va, doucement, tel un journal intime de création et de vie tourné vers l’autre. On nous entraîne dans ce qui la remue tout en nous incluant et ce, avec toute l’empathie du monde envers son sujet et ce que celui-ci implique comme opinions et réflexions. Je n’ai, c’est rare, rien à dire de négatif sur ce spectacle sinon que j’en aurais pris davantage, la réflexion chez moi ne faisant que commencer. Mais il est trop tard pour y réfléchir vraiment, nous sommes en plein dedans. Va voir I/O, absolument. »